Le packet radio en 2026 : AX.25, nœuds et BBS, et comment rejoindre le réseau mondial
On le croit souvent disparu avec les modems téléphoniques, mais le packet radio est bien vivant. Chaque jour, des nœuds échangent des messages, des bulletins météo circulent de BBS en BBS et des radioamateurs se connectent clavier à clavier, d'un bout à l'autre du Québec et jusqu'en Europe. Le tout passe par nos radios VHF FM, sans Internet, avec un protocole conçu par et pour les radioamateurs : l'AX.25.
Dans cet article, on décortique la technique (la modulation, la trame AX.25, le routage NET/ROM), on fait le tour des nœuds autour de Montréal, puis on vous guide pas à pas : entrer sur un premier nœud (par Internet ou par la radio), puis voyager de nœud en nœud jusqu'à l'autre bout du monde. De la Rive-Sud, on rejoint aussi bien Québec que l'Angleterre ou l'Argentine.

Vue d'ensemble : votre station rejoint un nœud par la radio, et les nœuds sont reliés entre eux par la radio ou par Internet (AXUDP).
Un peu d'histoire : Montréal, berceau du packet
Le Québec a une place spéciale dans l'histoire du packet. Dès 1978, des membres du Montreal Amateur Radio Club (MARC), dont Robert Rouleau, VE2PY, Bram Frank, VE2BFH, Norm Pearl, VE2BQS et Jacques Orsali, VE2EHP, transmettaient des données ASCII en VHF avec de l'équipement fait maison. Le Canada a été parmi les tout premiers pays à permettre ce genre de transmission aux radioamateurs.
Début des années 1980 : arrivée des TNC (Terminal Node Controller) en trousse, puis commerciaux, basés sur le modem Bell 202 à deux tonalités.
1984 : la version 2.0 du protocole AX.25 (« Amateur X.25 »), dérivé de la norme X.25 des réseaux de télécommunication, devient la référence. Les premiers BBS packet apparaissent.
1986 : le protocole KISS (« Keep It Simple, Stupid ») permet à un ordinateur de piloter un TNC comme un simple modem. C'est encore lui qu'on utilise aujourd'hui.
Fin des années 1980 : les logiciels de nœud NET/ROM relient les stations en un véritable réseau maillé.
Fin des années 1990 à aujourd'hui : les modems logiciels (Soundmodem, puis Direwolf) remplacent le TNC par une simple carte son. Un Raspberry Pi suffit maintenant pour faire tourner un nœud complet.

Un classique des stations packet : le TNC multimode AEA PK-232MBX (vers 1991). Photo : Gerry Ashton, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
Comment ça marche : du son aux données
La modulation AFSK 1200 bauds
Le packet VHF classique utilise l'AFSK (Audio Frequency Shift Keying) selon la norme Bell 202 : deux tonalités audio, 1200 Hz et 2200 Hz, sont envoyées dans l'entrée audio d'une radio FM tout à fait ordinaire. La vitesse est de 1200 bauds, soit 1200 bits par seconde.
Les bits ne sont pas associés directement à une tonalité. On utilise le codage NRZI : un « 0 » est transmis par un changement de tonalité, alors qu'un « 1 » garde la même tonalité. Pour que le récepteur reste synchronisé même lors de longues suites de « 1 », l'émetteur insère automatiquement un « 0 » après cinq « 1 » consécutifs : c'est le bit stuffing.

Chaque « 0 » fait basculer la tonalité entre 1200 et 2200 Hz ; chaque « 1 » la conserve.
À 1200 bauds, on transfère environ 150 caractères par seconde au mieux. C'est lent comparé à Internet, mais largement suffisant pour du texte, et ça passe là où il n'y a plus de réseau cellulaire. Il existe aussi du packet à 9600 bit/s, selon le système popularisé par James Miller, G3RUH. Ce n'est pas de l'AFSK : un signal binaire embrouillé (scrambled) est appliqué directement au modulateur FM. Il faut donc une radio qui donne accès à l'entrée et à la sortie « 9600 » non filtrées de sa prise DATA.
La trame AX.25
L'AX.25 est un protocole de couche liaison (couche 2 du modèle OSI). Chaque message est découpé en trames, et chaque trame contient l'indicatif de la station source et celui de la destination. L'indicatif est donc transmis dans chaque échange AX.25, ce qui permet d'identifier l'origine de chaque trame. Au Canada, les règles officielles d'identification des stations amateur sont définies dans le RBR-4 d'ISDE.

Structure d'une trame AX.25, avec l'encodage réel des adresses lors d'une connexion de VA2ZXO-7 vers VE2PKT-4.
Quelques notions à connaître :
Le SSID : le suffixe de 0 à 15 ajouté à l'indicatif (VE2PKT-4, VA2ZXO-7…). Il permet à un même radioamateur d'exploiter plusieurs stations ou services : un nœud, un BBS, un clavardage, une passerelle Winlink, etc.
Le mode connecté : les deux stations établissent une session (trame SABM, ou SABME pour le mode étendu de la version 2.2, puis réponse UA), numérotent leurs trames et accusent réception. Une trame perdue ou abîmée n'est pas confirmée, et l'expéditeur la retransmet. C'est le mode utilisé pour les nœuds et les BBS.
Le mode non connecté (trames UI) : la trame est diffusée à tous, sans accusé de réception. C'est le principe de l'APRS, qui utilise lui aussi l'AX.25.
Les digipeaters : AX.25 permet de faire relayer une trame par des stations intermédiaires. Historiquement, le champ d'adresse peut contenir jusqu'à huit digipeaters. La version 2.2 de la norme ramène toutefois ce nombre à deux et privilégie le routage par une couche réseau, comme le font les nœuds. L'APRS utilise encore largement ce mécanisme avec ses chemins
WIDE. Un digipeater ne renvoie pas la trame tout à fait telle quelle : il marque son passage dans le champ d'adresse (le bit « H », has been repeated) et recalcule le FCS.Le FCS : un code de contrôle CRC-16 à la fin de chaque trame. Une trame dont le FCS est incorrect est rejetée. En mode connecté, l'absence d'accusé de réception provoque sa retransmission. En mode non connecté (trames UI, comme en APRS), il n'y a aucune retransmission automatique : la trame est perdue.

L'intérieur d'un TNC Kantronics KPC-3 : microprocesseur, mémoire, modem et micrologiciel en EPROM. Aujourd'hui, un logiciel comme Direwolf fait le même travail avec une carte son. Photo : jonsowman, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
Les nœuds et le réseau NET/ROM
Un nœud est une station automatique, allumée en permanence, qui sert de point d'entrée au réseau. Une fois connecté à un nœud, vous pouvez voir les stations qu'il entend, consulter la liste des autres nœuds connus et vous faire relayer vers l'un d'eux, ou vers un BBS, un DX Cluster, un clavardage ou une passerelle Winlink.
Les nœuds s'échangent régulièrement des messages de routage NET/ROM : chacun annonce les nœuds qu'il connaît et la qualité du lien. Résultat : vous tapez C QUEBEC ou C KIDDER et le réseau trouve lui-même le chemin, par la radio ou par Internet. Chaque nœud a un indicatif et un alias de six caractères maximum (par exemple QBCZXO pour VA2ZXO-7), qu'on peut utiliser au lieu de l'indicatif.
Entre deux nœuds éloignés, le lien peut passer par Internet grâce à l'AXUDP ou à l'AXIP. Ce ne sont pas des synonymes : avec l'AXUDP, les trames AX.25 voyagent dans des datagrammes UDP, alors que l'AXIP (RFC 1226) les transporte directement dans des paquets IP, avec le numéro de protocole IP 93. C'est ce qui permet aux nœuds québécois d'échanger avec ceux de l'Ontario, des États-Unis ou de France, tout en gardant les mêmes commandes.
Les nœuds autour de Montréal… et ailleurs
Le principe est simple : on se connecte au nœud le plus proche, par la radio ou par Internet, et ce nœud devient la porte d'entrée vers tous les autres. Voici ce qu'on voit depuis la région au moment d'écrire ces lignes. Les positions sont approximatives et viennent des balises publiées par les stations. Le réseau change constamment : la commande N d'un nœud donne toujours la liste à jour.
À portée de radio sur 145.050 MHz (Rive-Sud)
VA2ZXO-7 (
QBCZXO), Rive-Sud de Montréal, exploité par Daniel, VE2ZXO : port radio sur 145.050 MHz à 1200 bauds et port AXUDP par Internet. On y trouve le BBS VA2ZXO-1 (ZXOBBS), le clavardage VA2ZXO-4 (CHTZXO) et un terminal web.VE2RWQ-2 (
MTSHFR), au mont Shefford, à environ 75 km à l'est : le nœud BPQ du club VE2CWQ, avec BBS, clavardage et passerelle Winlink (VE2RWQ-10).VA2RIZ-2, dans Lanaudière, à environ 95 km au nord.
D'autres stations, comme VE2RGM-1, sont aussi entendues sur la fréquence. Selon votre emplacement et votre antenne, la liste sera différente : la commande
MHvous dira qui vous entendez.
VA2ZXO-7 offre un terminal web à packet.va2zxo.com, avec une carte des stations, les stations entendues récemment et l'état des ports en temps réel. C'est la façon la plus simple de faire vos premiers pas.

La page du nœud VA2ZXO-7 : informations du nœud, ports radio et Internet, terminal et carte des stations packet.
Dans la région, par le réseau
VE2RVR-B (
BBSRVR,RVRCHA,RMSRVR), région de Saint-Jean-sur-Richelieu, à environ 30 km : BBS, clavardage et passerelle Winlink.VE2REX-C (
REXNOD), à environ 55 km au sud, près de la frontière.VE2PKT-4 (
PKTXRP), Trois-Rivières : le carrefour XRouter de Jean Létourneau, VA2OM, qui relie une bonne partie des nœuds québécois au reste du monde. On y trouve aussi un BBS FBB, un DX Cluster (VE2PKT-9), une passerelle Winlink (VE2PKT-10) et des bulletins météo pour le Québec relayés de BBS en BBS. Jean tient aussi à jour une carte des stations packet de la province.VE2GAT-9, également dans la région de Trois-Rivières.
VE2GPQ (
QUEBEC), ville de Québec : BBS et clavardage.Plus loin au Québec : VE2CSL-3 (
RKI) à Rimouski et VA2CMQ-3 (MAT) à Matane.
Et ailleurs dans le monde
Ontario : VA3ZFM-10, VE3KPG (
PETERB) à Peterborough, VE3CGR-4 au nord de Toronto.Maritimes et Nouvelle-Angleterre : VE1LG-7 en Nouvelle-Écosse, KB1TAE-15 dans le Maine.
Ouest canadien et États-Unis : VE7GN-3 (
CANHUB) et VA7RBP-9 en Colombie-Britannique, et des dizaines de nœuds américains, jusqu'à la côte du Pacifique.Europe : G8PZT (
KIDDER) en Angleterre, le nœud de l'auteur du logiciel XRouter, GB7CAM, aussi en Angleterre, F4BWT-11, F3KT-9 et F4DUR en France, EI5IN-10 en Irlande et OE1EKG-15 en Autriche.Amérique du Sud : LW2DQC-10 et LU4EGV-13 en Argentine.
Au total, le nœud de la Rive-Sud connaît près de 200 nœuds. Les alias donnent souvent un indice sur les services offerts : BBS pour un BBS, CHT ou CHA pour un clavardage, RMS pour une passerelle Winlink, DX pour un DX Cluster.
Étape 1 : se connecter sans radio, par Internet
Pas besoin d'équipement pour découvrir le réseau. Vous devez toutefois être radioamateur licencié : sur un nœud, vous agissez sous votre indicatif, et une commande de connexion peut faire émettre une station radio en votre nom.
Option A : le terminal web de VA2ZXO-7
Allez sur packet.va2zxo.com et cliquez sur Créer un compte.
Entrez votre indicatif, votre courriel et un mot de passe, puis confirmez votre adresse avec le lien reçu par courriel.
Connectez-vous et cliquez sur Ouvrir le terminal. Vous êtes sur le nœud!
Le même compte fonctionne aussi en Telnet : telnet packet.va2zxo.com 8010.
Option B : Telnet vers un nœud
Plusieurs nœuds acceptent les connexions Telnet. Il suffit d'un client Telnet : PuTTY ou le client Telnet de Windows, ou la commande telnet ou nc sous macOS et Linux. Par exemple, le nœud XRouter de VE2PKT :
telnet ve2pkt.dyndns.org 23
Xrouter v505c
Callsign: VE2ABC
Password: ********L'accès Telnet aux nœuds demande habituellement un compte créé par le sysop : écrivez-lui avant votre première connexion.
Étape 2 : les commandes essentielles
Que ce soit BPQ, XRouter, URONode ou Paquebot, la plupart des nœuds comprennent les mêmes commandes de base. On peut généralement taper seulement la première lettre.
?ouH: liste des commandes disponibles ;I: informations sur le nœud (sysop, emplacement, ports) ;P: liste des ports (radio, Internet) ;MHouMH 1: stations entendues récemment sur un port ;N: nœuds connus du réseau NET/ROM ;R: routes vers les nœuds voisins, avec leur qualité ;U: utilisateurs connectés en ce moment ;C QUEBEC: se connecter à un autre nœud (par son alias ou son indicatif), à une station ou à un service ;BBSouCHAT: accéder aux applications du nœud ;BouBYE: se déconnecter.
Sur un BBS, quelques commandes de plus : L liste les nouveaux messages, LB les bulletins, R 1234 lit le message 1234, SP VE2XYZ envoie un message personnel à VE2XYZ et K 1234 efface un message que vous avez lu. Essayez, par exemple, de lire les bulletins METEO @QUEBEC publiés par VE2PKT.
Étape 3 : voyager de nœud en nœud
C'est là toute la magie du réseau. Depuis n'importe quel nœud, la commande N affiche les nœuds connus sous la forme ALIAS:INDICATIF. Il suffit ensuite de taper C suivi de l'alias ou de l'indicatif : le routage NET/ROM choisit le chemin, que ce soit par la radio, par Internet ou un mélange des deux. Vous n'avez pas besoin de savoir par où passer.
Voici le déroulement d'une visite en Angleterre à partir du nœud de la Rive-Sud. C'est un exemple simplifié : l'affichage exact varie d'un logiciel de nœud à l'autre.
*** Connected to VA2ZXO-7
> N
... BBSRVR:VE2RVR-B MTSHFR:VE2RWQ-2 PKTXRP:VE2PKT-4
... QUEBEC:VE2GPQ PETERB:VE3KPG KIDDER:G8PZT ...
> C KIDDER
*** Connected to G8PZT
... bannière du nœud, en Angleterre : à vous l'Europe!
B
*** DisconnectedQuelques conseils pour bien voyager :
Soyez patient : chaque nœud traversé ajoute un délai. Une réponse qui prend 5 à 10 secondes à l'autre bout du monde, c'est normal.
Utilisez
Rpour voir les routes et la qualité des liens. Un nœud dont la qualité est faible risque de ne pas répondre.Une fois arrivé, tapez
?: chaque nœud a son logiciel (BPQ, XRouter, JNOS, URONode…) et ses services. Allez lire les bulletins d'un BBS anglais ou dites bonjour sur un clavardage en France!Le réseau n'est pas statique : un nœud absent aujourd'hui sera peut-être là demain. Consultez la liste
Nrégulièrement.
Étape 4 : passer à la radio
C'est ici que le packet devient vraiment intéressant : votre station rejoint le réseau directement par les ondes, sans aucun fournisseur Internet.

Le branchement type d'une station packet en 2026, et les réglages qui font la différence.
Ce qu'il vous faut
Une radio VHF FM. Idéalement, une radio mobile avec une prise DATA (mini-DIN 6) à l'arrière : elle donne accès à l'audio sans passer par le micro ni le haut-parleur. Une portative fonctionne aussi pour commencer.
Une interface :
carte son USB (Digirig, SignaLink, interface à puce CM108/CM119…) avec un modem logiciel ;
ou un TNC matériel en mode KISS (TNC-X, Mobilinkd, Kantronics…), ou encore une radio avec TNC intégré comme la Kenwood TM-D710.
Un ordinateur : Windows, Linux, macOS ou un simple Raspberry Pi.
Les logiciels
Direwolf (John Langner, WB2OSZ) : le modem logiciel de référence. Gratuit, libre, pour Windows, Linux et Raspberry Pi, il décode souvent mieux qu'un TNC matériel quand le signal est faible. Sous Debian, Ubuntu ou Raspberry Pi OS :
sudo apt install direwolf.UZ7HO Soundmodem : l'alternative populaire sous Windows.
QtTermTCP (John Wiseman, G8BPQ) : un terminal packet simple et multiplateforme, qui se branche sur Direwolf en KISS ou en AGW.
Paracon (Martin Cooper, KD6YAM) : un client packet en mode texte, gratuit et libre, très populaire, qui fonctionne sous Windows, macOS et Linux. Il se branche sur Direwolf par le port AGW (8000). Il gère plusieurs connexions à la fois dans des onglets, ce qui est pratique pour garder une session sur un BBS pendant qu'on explore un autre nœud. Il offre aussi un mode « unproto » pour le clavardage sans connexion. Pas d'installation compliquée : on télécharge le fichier
paracon.pyzsur sa page GitHub et on le lance avec Python 3.9 ou plus récent :python3 paracon.pyz.Pour aller plus loin : Outpost pour gérer vos messages BBS comme dans un logiciel de courriel, Winlink Express pour le courriel par radio, ou LinBPQ pour monter votre propre nœud.
Configurer Direwolf
Voici un fichier direwolf.conf minimal pour une interface USB sous Linux. Adaptez le nom de la carte son (la commande aplay -l les liste) et la ligne PTT selon votre interface :
# direwolf.conf : station packet 1200 bauds
ADEVICE plughw:1,0 # carte son USB de l'interface
ACHANNELS 1
CHANNEL 0
MYCALL VE2ABC-1 # votre indicatif + SSID
MODEM 1200
PTT /dev/ttyUSB0 RTS # Digirig (port série)
#PTT CM108 # interface à puce CM108/CM119
# SignaLink : aucune ligne PTT (VOX)
AGWPORT 8000 # pour les logiciels en mode AGW
KISSPORT 8001 # pour les logiciels en mode KISS TCPSous Windows, Direwolf affiche au démarrage la liste des périphériques audio : indiquez leur numéro à la ligne ADEVICE. Lancez ensuite direwolf et syntonisez votre radio sur 145.050 MHz. Quand le nœud transmet, Direwolf affiche les trames décodées et un niveau audio (« audio level »). Visez environ 50.
Votre première connexion par radio
Configurez votre terminal :
Paracon : au premier lancement, indiquez le serveur AGW
127.0.0.1, port8000, et votre indicatif. Ouvrez ensuite une connexion vers le nœud voulu.QtTermTCP : ouvrez la configuration KISS et indiquez l'hôte
127.0.0.1et le port8001(ou passez par l'AGW sur le port8000), puis entrez votre indicatif.
Écoutez d'abord : laissez Direwolf tourner quelques minutes pour vérifier que vous décodez bien les balises du nœud.
Connectez-vous au nœud le plus proche que vous captez : par exemple
C VA2ZXO-7(ouC QBCZXO) sur la Rive-Sud, ouC VE2RWQ-2vers le mont Shefford. Vous devriez voir la bannière du nœud s'afficher.Explorez avec
MH,NetBBS, puis partez en voyage :C QUEBEC,C PETERBouC KIDDER. Votre session part de votre radio, entre dans le réseau par le nœud local, puis voyage par la radio et par Internet jusqu'à destination.
Sous Linux, vous pouvez aussi utiliser la pile AX.25 intégrée au noyau : kissattach relie Direwolf (ou un TNC) à une interface réseau ax0, et la commande axcall sert de terminal.
Les bons réflexes
Le niveau audio est la cause n° 1 des problèmes. Un signal trop fort sature et les trames sont rejetées par le FCS. Réglez l'émission pour une déviation d'environ 3 kHz.
Écoutez avant d'émettre. Le canal est partagé : une seule station parle à la fois. Direwolf attend automatiquement que le canal soit libre.
Soyez patient. À 1200 bauds, sur un canal partagé, une réponse peut prendre quelques secondes. C'est normal.
Pas de chiffrement. Comme toutes les communications amateur, le packet doit rester lisible par tous : aucun code destiné à cacher le sens des messages.
Choisissez un SSID libre pour votre station (par exemple -1 ou -2), afin de ne pas entrer en conflit avec votre indicatif utilisé ailleurs.
Pourquoi s'y intéresser en 2026?
Les communications d'urgence : le packet et Winlink permettent d'échanger des messages écrits quand Internet et le réseau cellulaire tombent. Un message écrit, c'est aussi moins d'erreurs qu'une transmission en phonie.
L'apprentissage : protocoles, routage, modulation… Le packet est un formidable laboratoire pour comprendre les réseaux, de la couche physique jusqu'aux applications.
La communauté : BBS, clavardage, bulletins, DX Cluster. C'est un réseau construit et entretenu par des radioamateurs, pour des radioamateurs.
L'expérimentation : monter son propre nœud sur un Raspberry Pi, tester le 9600 bauds ou le FX.25 (AX.25 avec correction d'erreurs), relier des nœuds par Internet…
Pour aller plus loin
Le groupe PacketQuebec sur groups.io, pour échanger avec les sysops et les utilisateurs du réseau québécois ;
La carte des stations packet au Québec tenue à jour par VE2PKT ;
Le terminal web et la carte du nœud VA2ZXO-7 ;
Direwolf sur GitHub, avec sa documentation très complète ;
La présentation « Système packet du club, BBS et Winlink » d'Alexis Langlois, VE2UAL (club VE2CWQ).
Vous avez déjà une station packet, un vieux TNC qui dort dans un tiroir, ou vous voulez de l'aide pour votre première connexion? Parlez-en lors d'une prochaine rencontre du club ou écrivez-nous à info@ve2clm.ca. On se retrouve sur 145.050!
